Identification
Nom scientifique :
Paraponera clavata
Appellation usuelle :
Conga, tocandira « celle qui fait mal avec son abdomen », hormigas vinte-e-quatros « fourmi 24 heures » (le temps qui reste à vivre après avoir été piqué)

Classification
Classe : Insecta
Ordre : Hymenoptera
Famille : Formicidae
Sous-famille : Ponerinae
Genre : Paraponera
Espèce : clavata


 

Habitat
Ces grandes fourmis chasseresses se rencontrent principalement dans les forêts tropicales humides du bassin amazonien et des régions avoisinantes. Certaines espèces se retrouvent également en Amérique centrale, toujours en forêt.

Portrait
Selon les myrmécologues (les spécialistes des fourmis), il existe sur notre planète plus de 20 000 espèces de fourmis, regroupées en 350 genres différents. C'est dans la tribu des ponérines que nous retrouvons les plus grandes fourmis du monde, les Paraponera et les Dinoponera.
 
Celles qui battent tous les records sont les Dinoponera gigantea . Elles peuvent atteindre une longueur de trois centimètres. Leurs cousines, les Paraponera , sont légèrement plus petites, mais beaucoup plus agressives. Une bien mauvaise nouvelle, car toutes ces fourmis possèdent un dard, certains diront plutôt un sabre, qui peut infliger une douleur comparable à celle provoquée par un coup de marteau.
 
Heureusement, ces fourmis géantes ne cherchent pas à attaquer les humains. La plupart des piqûres surviennent lorsqu'un promeneur distrait, en agrippant le tronc d'un arbre pour garder son équilibre, met la main sur une Paraponera.
 
Les nids de ces grandes fourmis sont généralement situés à la base d'un arbre, entre les racines. Si l'arbre est soumis à une vibration, les fourmis sortent en masse pour défendre leur territoire. Une colonie abrite en général pas plus d'une centaine d'ouvrières et leur reine. On a peine à imaginer les ravages que pourrait causer une colonie de 100 000 de ces monstres!
 
Dans le monde des fourmis, les grandes ponérines sont considérées comme primitives. Bien que vivant en société, les ouvrières ne coordonnent pas leurs efforts pour chasser. Contrairement à d'autres espèces de fourmis, elles sont incapables d'avertir leurs congénères en cas de danger.
 
Chaque ouvrière fait donc sa petite affaire en solitaire. Les Dinoponera sont actives le jour, tandis que les Paraponera sortent la nuit. La grande taille et la puissance du venin de ces véritables amazones à six pattes leur permettent de s'attaquer à tous les genres d'insectes.
 
Ces fourmis complètent leur diète en récoltant le nectar des fleurs et en tétant la sève de certaines plantes.
 
Les grandes ponérines sont tellement redoutables que certains coléoptères les imitent afin que les prédateurs les laissent tranquilles. Ironiquement, le subterfuge ne fonctionne pas lorsqu'ils rencontrent une vraie Paraponera. La fourmi ne détectera pas chez cet imposteur l'odeur de son nid et passera vraisemblablement à l'attaque. Pauvre coléoptère !

La piqûre des Paraponera est particulièrement douloureuse. Dans certains cas, le venin provoque de la fièvre, des difficultés de respiration... et parfois même la mort.
 

Les Indiens kayapos ont un grand respect pour les ponérines. Ils capturent de ces fourmis et en font une pâte dont ils badigeonnent leurs chiens de chasse dans l'espoir de les rendre plus féroces.