Asticots de mouches vertes

Thérapie aux asticots
  C'est sur les champs de bataille, il y a déjà quelques siècles, que l'on a remarqué pour la première fois l'effet cicatrisant des asticots, ou larves de mouche. Les médecins avaient alors observé avec étonnement que les soldats dont les blessures profondes et suppurantes étaient infestées d'asticots guérissaient plus rapidement et en plus grand nombre que ceux soumis à un traitement médical.
 

Durant la Première Guerre mondiale, un chirurgien américain du nom de W. S. Baer découvre que ce sont les larves de certaines espèces de diptères, notamment Phaenicia sericata, qui exercent cette action bénéfique. Les asticots de cette espèce dévorent de manière sélective les tissus nécrosés et laissent intacts les tissus sains. En plus de nettoyer les plaies, les asticots sécrètent une substance bactéricide, l'allantoïne, qui stérilise les tissus.  

Le Dr W.S. Baer
 


Un traitement surprenant mais efficace
  Avec la découverte des antibiotiques, la thérapie aux asticots est tombée dans l'oubli. Toutefois, certains médecins y ont de nouveau recours pour des cas (notamment les cas d'ostéomyélite, une infection des os et de la moelle osseuse) réfractaires à tous les traitements médicaux conventionnels. Des larves stériles âgées de 24 à 48 h sont appliquées sur la plaie. Au bout de trois à quatre jours, on les remplace afin d'éviter de voir des mouches s'envoler de la plaie !
 
Alors que les cas de résistance aux antibiotiques se multiplient, les asticots de mouche pourraient devenir une solution de remplacement à considérer pour le traitement des plaies récalcitrantes.